Bonjour,
Alors que je me promenais dans les « rues » de Goré, je me suis souvenue de ce que nous avait dit un prof (Mr Denechère, pour les mongazonniens). Il nous avait dit que ce qui n’était jamais retranscrit dans les films historiques était les odeurs… Il avait pris pour exemple le Moyen âge…
Aussi, au cours d’une balade, les odeurs répugnantes qui émanent des rues m’ont projeté à l’époque du Moyen âge… Alors, observant les scènes de vie qui m’entouraient, je n’ai pu faire que le constat suivant : retour dans le passé, je suis à l’époque du Moyen âge…
J’en veux pour preuve bien sur les odeurs, mais aussi les charrues conduites par les zébus, les cochons en liberté, le traitement des déchets inexistant, le poêle à bois pour cuisiner, la lessive à la main, les cases, les guenilles dont sont vêtus les villageois, ce langage (incompréhensible pour le moment !!!) qui ressemble à un patois, les cabarets ou les hommes se torchent au bili-bili (alcool de mil), l’absence totale d’électricité et de l’eau courante, le fait de manger avec les doigts et j’en profite même pour dénoncer le « petit rot » de mon évêque en fin de repas… et j’en passe.. J’allais oublier les bagarres régulières et les règlements de compte à la machette (histoire vraie arrivée il y 2 jours dans un village à côté) qui me rappellent davantage les Gaulois.
Quand au bruit ambiant, le temps est rythmé par le pan, pan, pan, pan des femmes qui pilent le mil, et le soir venu celui des tamtam et des chants africains…
Cependant, il y a quelques anachronismes : le téléphone portable qui est le meilleur ami de tout le monde, la petite radio portative qui capte une note sur deux et qui siffle comme une locomotive (pour Astrid et Fix : le même genre que celle que nous écoutions sur le bateau…), les ordinateurs des missionnaires (dernier cri à écran plat…), les 4/4 reluisant des ONG, les appareils photos numériques des volontaires… Quant à la techno locale, il s’agit du doux ronronnement du groupe électrogène vers 18h…
Comme vous pouvez le voir, je peux oublier mon petit confort français et revenir aux véritables valeurs de la vie à savoir : manger salement (je me suis entendue roter à la table de Monseigneur… mais le mien avait la chance d’être plus discret…) et dormir, pour ce qui de l’hygiène : le strict nécessaire, et du divertissement : la lecture.
Mais ne vous méprenez surtout pas sur cette description, un petit peu cavalière, je vous l’accorde… En aucun cas, je ne porte un jugement, je tiens simplement à vous décrire mon sentiment et les conditions de vie des africains de Goré…
Voila, il y a plein d’autres choses à dire…
Mais une dernière chose : profitons de notre confort (baignoire, éboueurs, la machine à laver le linge, les sacs lonchamps (on se renie pas, même au fond de la brousse….), nous sommes nés du bon coté de la planète… cela dit, une missionnaire m’a rappelé qu’ici ou en France, nous avons tous les mêmes problèmes…
Morale : la vie est donc une lutte permanente… !!! Mais certains s’efforcent de survivre, alors que d’autres vivent… !
Nb : je ne peux m’empêcher de faire une petite aparté pour ma petite sœur Marie.
Je te mets au défi : des que je rentre, on fait un concours de porki a table… et devant Papa…. Je suis sure que je te latte…. Ici, je mange avec les doigts, je ne lève pas mon coude, j’essaye tout de même de rester française, je me tiens droite… à défaut des missionnaires, qui amènent la bouche à la fourchette et il m’arrive de faire du bruit en buvant…
Je rebondis sur Astrid et Arthur : Promis, pour le jour de votre mariage, je ferai des efforts…. J’éviterai de roter à la fin du repas ou après chaque flûte de champagne… enfin, j’espere arriver à me contenir….
Quand à vous mes chers parents, désolée mais votre éducation ne résiste pas aux manières de Goré-plage… et spécial Papa, je me suis servie de ma petite cuillère que j’ai allégrement léchée pour me servir de salade de fruits…
Tout d’abord, bonne fête à toutes les femmes ! Même ici, au bout du monde, la femme est célébrée… Ce matin, il n’y avait personne dans la rue, aucun enfant, aucune femme, le village s’est arrêté de vivre, et donne une impression de ville fantôme… Les femmes ne travaillent pas, exceptés les soeurs missionnaires. Qui a dit qu’elles n’étaient pas des femmes… ! Aussi, je tiens à leur rendre hommage.
Ce sont des femmes dotées d’une force incroyable, qu’elles doivent sans doute puiser dans leur Foi en Dieu… Elles se sont oubliées dans ce bout du monde pour se mettre au service d’une population qui vit dans la misère… Elles se contentent du minimum, un repas, une vie de prière intense, un abandon total au Seigneur…. Elles avancent dans l’espérance et acceptent leur condition avec une résignation incroyable… Alors, rendons à César ce qui est à César !
Cependant, ce soir je suis sortie au quartier, et là c’est la fête… je me fais accoster de toute part, les femmes chantent le You-You, elles ont pour certaines bu plus que de raison… Quant aux hommes, ils les accompagnent gaiement et à mon passage, ils me souhaitent une bonne fête… c’est une occasion pour les moins timides de me demander de l’argent…
Cependant, l’enthousiasme du départ laisse la place à la désillusion et à l’angoisse… La misère est partout… c’est assez effrayant !
Mais bon, je garde la pêche…
Sinon, petit clin d’œil : plusieurs personnes rencontrées se sont étonnées de ma petite taille et me la remarque « tu es t’op cou’te » ! Marrant non ? Mais bon, la plupart me disent « Bonjou’ ma sœur » ou encore "la nassara"…
Coté gastronomie, j’ai enfin goûté la boule (plat national des Tchadiens : farine de maïs mélangée avec de l’eau et poulet en sauce… ce n’est pas mauvais mais c’est loin d’être le poulet basquaise de Maman…
Voila, à bientôt pour vous raconter un peu plus la vie de Goré- plage
Bonjour !
Premier article sur Tchadlotte pour vous dire que je suis bien arrivée à Goré-plage.
Avec les aventures qui m’ont mises tout de suite dans le bain entre la pagaille et l’attente propre à l’Afrique… Mais bon l’essentiel est de m’adapter à cette nouvelle vie…
Et comme on le dit si bien ici, « Bonne arrivée cha’lotte »…
En quelques mot, Goré c’est un petit village de brousse… J’aimerais être plus explicite, mais c’est tellement hors temps que je n’arrive pas à mettre les mots dessus… Cela viendra par la suite, avec les mots justes et le respect nécessaire à la description d’un pareil village.
Cependant, je peux tout de même vous dire 2/3 petites choses :
La première fera rire certains d’entre vous qui connaissez mon sens de l’orientation. Bien qu’il n’y ait que 3 grands axes à Goré, je suis arrivée à me perdre… Heureusement, Gilbert que je ne connaissais pas, m’a reconnu et m’a ramené à l’Eglise… Petite anecdote qui a beaucoup fait rire les sœurs… Ce n’était pas le bois de Boulogne ou le dédalle des rues parisiennes, mais le résultat est le même…Je me perds souvent, mais toujours sans soucis, car tous les chemin mènent à Goré-plage…
La deuxième en dit long sur la gastronomie locale… Non, je n’ai pas re-mangé des testos de chien, mais j’ai fait une béchamel avec du lait en poudre, de la farine, de la margarine et du sel… je pense que le concours cuisine est dans la poche… Car depuis mon arrivée, je fait un remake des camps scout (torche dynamo que je remonte à la main des la nuit tombée, lessive quotidienne à la main, système D tout le temps…). Autrement, je mange des papayes, de pamplemousses, j’ai goûté des pommes-cajou, mais j’attends avec impatience les mangues…
La troisième chose ne vous étonnera sans doute pas. J’ai été présentée a la communauté lors de la messe de dimanche, aussi, depuis, les villageois catholiques qui me croisent me disent tous « Bonjou’ Cha’lotte ». C’est assez drôle car je n’en connais encore aucun… (nb : c’est peut être grâce à ça que Gilbert m’a reconnu !…)
Autrement, de manière plus formelle Goré est un village de frontière, de passage, ou les militaires s’arrêtent… Ce qui favorise la prostitution, l’alcoolisme, la propagation du sida… en plus des fléaux propres à l’Afrique et à la brousse… (sous-alimentation, chômage, problèmes d’éducation….). Ainsi, les reportages vus à la télé deviennent réalité…
Une dernière chose, alors que j’observais les étoiles, une chauve souris m’a agressé… et paf, je l’ai prise en pleine face… Vexée, je suis partie me coucher !
Demain est un autre jour…
Ciao
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