Bonjour à tous,
Que l’Afrique peut être mystérieuse… !
Hier soir, alors que je rentrais à la mission des sœurs, à la seule lumière de Madame Lune et des vers luisants (ben oui, j’ai oublié ma super lampe dynamo en France !!!), je marchais les yeux au sol pour éviter les différents obstacles (bébêtes inamicales, branches, flaques…), lorsque je fus interrompue subitement…
Une grosse voix me pria de m’arrêter, de laisser passer les gens et de regarder le sol… Surprise, je sursaute, pousse un petit cri a peine audible et lève les yeux…
Une dizaine d’hommes, en file indienne, masqués sortaient de la brousse…
Ben, oui, il fallait s’en douter, on me dit de ne pas regarder alors je matte, logique ! Leurs pas étaient rythmés par une espèce de mélodie. J’imagine que ceux sont les colliers de perles qui habillent leur superbe torse qui s’entrechoquent… C’était comme des ombres noires qui passaient devant moi, mais leur torse rayonnait d’une éclat particulier grâce aux rayons de lune, c’était vraiment très beau !!!
Puis, en quelques secondes, plus rien, juste André (la sentinelle) et moi. Lui, tranquille et serein, moi, apeurée et intriguée. Je sais déjà qu’il s’agit des initiés mais je m’en assure auprès d’André qui se bidonne devant ma réaction et sans doute le son de voix qui devait trahir mon état d’esprit…
Bref, je repars sur ma piste, la tête en l’air, rêvant de ces initiés et de leurs aventures…
Déjà, auparavant, j’avais eu l’occasion d’apercevoir des initiés. Ils avaient un drôle de masque en paille, habillé d’un simple pantalon, laissant leur torse nu (et magnifiquement musclé !!!), mais paré de colliers de perles multicolores. Ils ont dans leur main un grand morceau de bois… Des qu’ils nous voyaient, ils s’accroupissaient masquant leur visage avec leurs mains… J’ai eu aussi l’occasion de les voir en manifestation dans un village… (je passais en voiture avec Monseigneur !).. Ils gesticulaient une danse traditionnelle et jouaient du tamtam… malheureusement, nous ne pouvions pas nous arrêter pour observer plus longtemps… dommage !
Ce matin encore, alors que nous allions passer à table, un mouvement de foule et des cris se font entendre. D’un seul coup, une cinquantaine d’enfants se sont réfugiés dans le jardin de la concession… prise aussi de panique, j’imagine déjà le serpent, un éléphant et pis les rebelles… Bref, je me précipite sur Jean Paul (notre cuisto) et lui demande ce qu’il se passe. Il me répond que ce sont seulement les initiés qui passent dans la rue. Intriguée, je vais voir de mes yeux… Ils marchent en file indienne, le torse habillé de colliers de perles, imperturbables dans leur marche. C’est beau à voir, c’est même splendide. Il émane tant de dignité de ce cortège ! C’est pour moi irréel et intemporel…
Cela dit, il est vrai que l’initiation a un aspect mystérieux et très beau. Mais, aujourd’hui, la dignité de cette tradition est bafouée par l’argent et le pouvoir. En effet, Marie (la main à tout faire des sœurs) est arrivée hier soir en nous expliquant que les « parrains » des initiés sont venus chercher son frère. Ce dernier a refusé de les suivre… Il s’est alors fait lyncher, tabasser pour l’obliger à les suivre. Par la suite, ils sont allés réclamer à
Bref, l’initiation alimente nos discussions, beaucoup de mythes, mais aussi une réalité dramatique…
Je colle ici, un extrait de l’intervention de l’Abbé Esaüe sur la tradition africaine. Je vous conseille de le lire, c’est très interessant car cela explique un peu le contexte dans lequel je vis…
Voilà, je vous embrasse tous tres fort
A bientôt sur la toile
Charlotte
Petite explication de l’initiation (de l’abbé Esaü).
« Enfin, le chef d’initiation est chargé de conduire « l’école de vie » où les jeunes gens sont initiés aux valeurs et à la découverte de leur personnalité. En fait, l’initiation dans sa forme authentique fait acquérir au jeune la sagesse, l’endurance, la discrétion et la connaissance des valeurs secrètes de la tradition. L’initiation fait du jeune un responsable, capable de se conduire dans la société. Actuellement, nous constatons que l’argent prend le dessus car les chefs d’initiation ne sont pas animés que par un esprit de profit matériel et financier. Même au sortir de l’initiation, les jeunes initiés sont exploités. Ils constituent une source abondante et soumise de main d’œuvre pour les chefs. »
(Je colle ici un lien pour en savoir plus sur l’initiation. N’hésitez pas à le consulter, c’est très intéressant : http://www.anthropologieenligne.com/pages/04/4.2.html)
Il faut aussi souligner que la région de notre diocèse est en pleine mutation et en même temps ses habitants manifestent encore une mentalité déterminée par la culture traditionnelle.
Avec tous les mouvements sociaux qui interviennent dans la région à cause de nombreux déplacements entrepris pour la recherche du bien être, précisément a cause du projet pétrole, la population et surtout les jeunes sont désemparés, écartelés, ballottés entre les exigences de la vie, leur culture et leurs aspirations. Le tissu social commence à s’effriter, des familles éclatent. Des tensions ouvertes ou latentes se vivent un peu partout et liées aux différences culturelles et religieuses : chrétiens/musulmans, force de l’ordre, agriculteurs/éleveurs ; Je suis du nord, je suis du sud, etc…
De plus, le vent de la démocratie qui a soufflé au Tchad est renforcé par l’aire de la mondialisation qui entraîne la population tchadienne a vivre sans s’y préparer une situation d’inter culturalité. La radio, la presse écrite, les vidéoclub, l’Internet communiquent des manières de parler, des comportements, des mœurs venus de l’étranger. Les religions prolifèrent et chacune prétend apporter le salut, le bonheur. Dans cet élan, la liberté de faire et de s’exprimer progresse et a entamé la solidarité traditionnelle.
En fait, dans la société traditionnelle, les hommes et les femmes sont unis par de multiples liens, ils sont tous parents et la loi du groupe se vit très fort. La pratique de la solidarité permet de maintenir et de resserrer les liens familiaux et de défendre les intérêts du groupe. Tous ces avantages ont été clairement repérés dans la lettre pastorale des évêques du SCEAM : « la famille africaine traditionnelle vit de la solidarité : dans la production, la gestion et le partage. C’est l’esprit communautaire qui sous-tend en même temps qu’il soutient cette solidarité. Elle assure aux membres sollicitude et affection mutuelle, encouragement réciproque, soutien face à l’adversité, sécurité en cas de danger, de menace ou d’agression, cohésion dans la défense de l’honneur familiale ? C’est pourquoi cette solidarité s’étend naturellement aux personnes âgées, aux veuves et aux orphelins ».
Cette bonne image de la solidarité traditionnelle a glissé progressivement vers l’uniformité qui devient en ce moment une solidarité négative. Dans cette ligne, la société met plutôt l’accent sur le groupe mais ne tolère pas non plus le progrès dans un groupe. L’expérience le montre : lorsque des jeunes gens se mettent en groupe pour s’entraider et produire plus, ils se découragent et ont très vite décliné car ils étaient minés par la jalousie semée par les parents qui ne cessaient de les « saigner ». Le facteur culturel et la mauvaise gestion sont à l’origine de leur échec.
Cette situation a réagi sur les institutions traditionnelles. Au départ, les institutions traditionnelles, considérés comme des auxiliaires de l’administration centrale, jouaient un rôle très positif dans la vie sociale surtout en matière de gestion des conflits, de la vie, des activités ayant trait à la justice, à la réconciliation et à la paix. Par institutions traditionnelles, nous entendons la chefferie traditionnelle, la chefferie coutumière et la chefferie d’initiation. Actuellement, toutes ces institutions ne jouent plus le rôle qu’elles jouaient auparavant.
Les chefs de canton, de village ou de quartier par exemple servent beaucoup plus à gérer les conflits entre administrés et à collecter les taxes civiles qu’à susciter et à canaliser les initiatives de réconciliation, de justice et de paix. Dans son analyse du contexte de la région, Jean Ngamine a bien fait ressortir cet aspect qui est un véritable frein aux initiatives d’engagement des communautés pour la réconciliation, la justice et la paix : « Certains chefs ont même la mainmise sur les ristournes des associations villageoises du territoire qu’ils administrent renforçant encore plus les conflits sociaux. Des cas extrêmes existent ou certains chefs de canton ne peuvent pas concevoir que leur administré soit socialement mieux placé qu’eux. A notre avis, cette chefferie traditionnelle n’est pas actuellement le pilier idéal sur lequel peuvent être basées les initiatives de développement ».
Quant au chef de terre qui jouait le rôle de prêtre en veillant au respect des prescriptions culturelles pour permettre aux ancêtres et aux esprits de protéger leurs populations et de leur accorder de bonnes récoltes, il est très peu écouté et respecté de nos jours. Son rôle dans le processus de développement, de réconciliation et de la paix reste très limité. Les communautés chrétiennes ne les considèrent plus dans leur référence stimulante.
Le système éducatif lui aussi est en crise comme j’ai déjà un peu souligné. La situation socioculturelle de la région du diocèse est caractérisée par un système éducatif très peu performant avec un faible taux de scolarisation. Par conséquent, le taux d’analphabétisation est très élevé surtout chez les femmes et particulièrement en milieu rural. Partout dans les paroisses, nous rencontrons plusieurs jeunes filles et garçons qui commencent à peine la scolarité et qui arrêtent. Très souvent, la scolarisation se fait dans de conditions difficiles. Dans bien des cas, les classes sont submergés mêmes dans nos écoles catholiques associées. Depuis quelques années, les parents ont pris l’initiative de créer des écoles communautaires pour permettre à leurs enfants d’apprendre à lire et à écrire et à compter. C’est une suppléance très aléatoire. Elle ne parvient pas a enyayer la crise scolaire et des valeurs car ces écoles ne sont pas du tout appuyées.
Ce constat, que les sociologues mettent en lumière pour l’ensemble du pays, réagit sur les communautés. E ce niveau, les évêques soulignent trois faits qui rejoignent notre propre expérience : le manque de solidarité, la situation de la femme et l’accusation de sorcellerie. En fait, avec l’affluence de nouveaux phénomènes qu’apporte la société moderne, la solidarité telle qu’elle est vécue dans la tradition s’est fortement dégradée. Dans la ligne des orientations pastorales des évêques du SCEAM, l’Église-famille est invitée à tirer le meilleur parti possible des valeurs traditionnelles entre autres la solidarité. En même temps, elle est incitée à dénoncer toutes les contres-valeurs qui provoqueraient l’inefficacité, l’immobilisme, la stagnation, le parasitisme, la paresse, l’esprit de profit et d’exploitation de l’autre, l’intolérance, le tribalisme, etc…
Chere famille, chers amis
Comme promis, j’écris une brève pour vous raconter mon 1er cours de francais…
J’arrive a 15h30, en sueur, parce que j’y suis allée en vélo et comme je ne suis pas une pro de la brousse, j’ai crevé en chemin… Du coup, j’arrive péniblement au postulat mais à l’heure. Le père Mirek m’accueille avec un grand verre d’eau frais (l’eau est ici, le geste premier pour accueillir l’étranger) puis il m’accompagne jusqu’à ma salle de cours, guidés par le tam-tam et le chant d’accueil de mes élèves… Un alléluia bien rythmé qui marque déjà l’ambiance ! J’ai donc un accueil sympathique de mes élèves qui m’attendent le sourire aux lèvres… en effet, je ne manque pas de remarquer le sourire un peu moqueur de Foxis… ce qui fait perdre mes moyens un court instant, laissant sans aucun doute, mes joues toutes rouges….
Puis, je commence mon cours par une brève présentation… mais je m’arrête rapidement devant les yeux ronds de mon auditoire : oup’s je crois que je parle trop vite ! Je reprends donc plus lentement et je deviens plus à l’aise au fil des minutes… Tres vite, je fais un tour de classe pour connaître mes élèves. Ils ont tous entre 21 et 24 ans, centrafricains ou tchadiens, vivant à Bangui, ou dans la forêt centrafricaine… et pour les tchadiens, la plupart viennent de mon diocèse… Côté activités préférées, la majorité me parle de foot, de Zidane…(c’est incroyable, ce type m’épatera toujours… même au fond de la brousse, alors même que les jeunes n’ont pas la télé et ne savent pas ce qu’est le TGV, Zidane reste l’idole de ces jeunes, le rêve intime de chacun…). Bon, je dois quand même noter qu’un aime la musique, l’autre le dessin… Un centrafricain aime la chasse aux éléphants (il s’est d’ailleurs fait charrier par ses camarades qui le traitaient de pygmée ! comme quoi je suis bien loin de mes insultes préférées !!!) alors qu’un autre est passionné de chasse aux rats… Inutile de vous dire qu’à plusieurs reprises, j’ai du retenir mon étonnement (houla ! exercice tres difficile pour moi !!!).
Je leur ai ensuite proposé de me donner des thèmes qui les intéressent pour ne pas être à côté de la plaque… je crois que la, j’aurais peut etre du m’abstenir !!!! parce que si je tiens compte de leur envie, je serais davantage une prof de philo, de théologie, de socio… en effet, les thèmes soulevaient ne sont autres que la polygamie, les jeunes et le développement, la modernité dans l’Afrique d’aujourd’hui, le postulat, la déforestation en Centrafrique, la tradition, l’initiation, la vie chrétienne dans la culture africaine…
Après ce temps d’échange, je leur demande de faire un court essai sur leur passion, leur activité préférée… Je récupère les copies et la, croyez moi, j’ai beaucoup de mal à retenir un fou-rire… Ils utilisent des expressions désuètes laissant supposer les vestiges du français appris à l’époque coloniale, ils recrachent des idées tirées des livres mais en aucun cas, ils parlent des sentiments qu’ils éprouvent… et je ne dirais rien des fautes d’orthographes et de grammaire !!!!
C’était donc bien agréable de changer d’activité, d’être en contact avec des jeunes africains, d’apprendre à donner un cours…. je discute beaucoup avec eux, j’apprends beaucoup sur leur culture et je leur parle de
Pour ce qui est de ma vie chez les sisters, je dois avouer que l’arrivée de africaines change énormément l’ambiance… Les rires raisonnent dans toute la concession, les plats sont plus exotiques (hier, nous avons mangé de Ndolé – feuille de nivaquine avec de la crème d’arachide), et les discussions sont peut être plus centrées sur l’afrique… même si en ce moment,
Ambiance assurée a notre table !
Voili, voilou
Je vous embrasse et à bientôt sur la toile
Charlotte
Juste pour vous dire que lorsque je vois que la France est complètement paralysée par les grèves, je me dis qu'il y a du bon d'être à Goré.... parce qu'avant que les boeufs se mettent en grève, le Tchad sera équipé (au moins!) du TGV... Bref, aujourd'hui, j'ai bien pensé a vous...
voilà, c'était un article sans interêt sur Tchadlotte...
Ben ouè, on est pas obligé d'être tout le temps interessant!!!
A bientôt sur la toile et n'hésitez pas faire un commentaire (oups je tends le baton pour me faire battre!!!)
Charlotte
Chere Famille, chers Amis,
Un nouvel article pour vous raconter mes quelques jours passés a Donia. Petit village tchadien à
Je colle ici, un extrait d’une intervention faite par l’Abbé Isaü, abbé tchadien sur le contexte éco, pol et social. Ce n’est qu’un extrait, la conférence étant longue, je mettrai les extraits progressivement.
« Dans le contexte sociopolitique, il faut reconnaître que le Tchad est un pays pluriethnique et à cause de cela, les gouvernements qui se sont succédés ont développé un pouvoir clanique et cela a été source de beaucoup de problèmes. C’est ce qui fait que le Tchad reste un des foyers permanents de tensions dans la sous-région de l’Afrique centrale surtout depuis le coup d’État de 1975 qui a renversé le premier président Ngarta Tomalbaye. Depuis lors, le pays est constamment menacé par des troubles politico-militaires qui débouchent sur des guerres civiles sporadiques ou des rebellions armées.
La région de notre diocèse a été pendant de nombreuses années le théâtre de rebellions et de guerres répétées avec les exactions et des violations flagrantes des droits de l’homme. Malgré la tenue de la conférence nationale qui devait aboutir à l’instauration de la démocratie, le multipartisme, la création des associations, la liberté d’expression et les élections libres, la rébellion a continué longtemps dans notre zone et les populations restent en permanence traumatisées par des actes d’agression venus de part et d’autre.
Le contexte d’insécurité a instauré une peur traumatisante dans une grande partie de la population. Cette peur est à l’origine de la méfiance à l’égard de l’engagement pour la justice, la réconciliation et la paix. Cette peur a comme conséquence le repli sur soi ou sur son groupe ethnique d’où le tribalisme.
La situation géographique de notre diocèse attire un afflux de migration à cause de la fertilité de son sol car elle regorge de potentialités agricoles et constitue aussi la réserve du pétrole de tous les espoirs.
Ce flux est aussi l’une des causes des conflits sociaux qui mettent en péril la cohabitation pacifique entre les populations. Les agriculteurs ont du mal à partir avec les éleveurs. Les relations entre nordistes et sudistes ne sont pas toujours harmonieuses, les uns se sentent victimes d’un système qui les exploitent sans une juste compensation. Récemment encore, à Keuni, dans le diocèse de Pala, pour un achat d’un savon, il y a beaucoup de morts. Une discussion s’est déclenchée entre un commerçant musulman et un jeune du village à propos du prix du savon. Le commerçant a sorti un couteau pour assassiner le jeune. Une bagarre s’ensuit entre les gens du village et les commerçants musulmans. Les commerçants ont sorti des armes à feu pour tirer sur les populations, il y a eu du coup 12 morts. Dans ce climat, comment œuvrer pour la réconciliation, la justice et la paix ? »
Bref, ces 5 jours ont été tres enrichissants, entre les missionnaires et les locaux, j’ai appris plein de choses…
Cela m’a aussi permis de me lier au cercle tres « private » des missionnaires polonais… j’étais même inviter au apéro à l’armagnac et au paté « top budget » (entre nous, il est méga bon ce paté… ! comme quoi, en Afrique le luxe est à porté du budget étudiant francais !!!!) Du coup, je suis méga pote avec eux et avec leurs bouteilles de « vodka à l’herbe de bison »… Mais rassure toi Papa, je ne bois pas beaucoup… je te le promets… mon dernier abus m’a calmé…(Rappelle toi !!!)
D’ailleurs nous avons eu pendant l’assemblé le témoignage de 2 alcooliques anonymes… il y a 4 groupes au Tchad, c’était un moment très fort… Un des intervenants était alcoolique depuis qu’il est né… sa mère lui a donné de l’alcool de mil alors qu’il avait quelques jours… après il a commencé à être ivre à l’école et tout le reste de sa vie, jusqu’à ce qu’il décide d’arrêter… C’était donc une petite loupiote qui laisse espérer que l’Afrique se prend en main…
Bon je dois m’arréter la, les sister m'attende pour diner!!!…
Pensez à moi, demain je commence mes cours de francais…
Je vous raconterai mes déboires, parce que là, je pense qu'il va avoir moyen de bien se marrer !!!!
Voila, pour ce soir, je vous promets d’être plus drôle la fois prochaine
Je vous embrasse tous tres fort
A bientôt sur la toile
Charlotte
Ma tres chere Famille, mes tres chers amis,
Voila, je foule, à nouveau, du pied cette terre d’Afrique… Sentiment tres différent de celui ressenti il y a quelques mois, étant donné que cette terre ne m’est plus aussi inconnue.
Autant tout vous dire, je pleure… Pas facile de repartir quand on a passé de si excellentes vacances! Que l’on prend conscience que l’on aime et que l’on ai aimé, que rien n’est meilleur qu’un café avec ses amis, que le mariage d'Astrid et d'Arthur, que le boat en Bretagne avec son colloc et ses potes, qu’un Martini avec ses petites soeurettes, que réveiller sa sœur et son bof ou autres moments familiaux complètement guedin, que promener Amiral dans la campagne bourguignonne avec ses 2 amis, que refaire le monde jusqu’au petites heures du matin avec son amie tchèque d’adoption, sans oublier les merveilleux moments passés avec les uns et les autres autour de cafés, de martinis, de pressions fraîches et de dîners, à Angers, à Rennes, au Mans, à Bordeaux ou encore à Paris…
J’ai beaucoup, mais vraiment beaucoup apprécié le pain français qui n’a pas son pareil, surtout lorsqu’il s’accompagne d’un fromage, prendre des bains, me maquiller et mettre le pull trop canon de ma petite sœur, ou encore me balader dans les rues de Paris avec mon sac Longchamp… (ok, j’ai troqué mon cuir pour mon petit sac à dos orange mais quand même!)
Bref, toutes ces futilités que j’ai particulièrement appréciées parce que je suis partie, vont énormément me manquer!!!…
Pourtant, dés mon arrivée, bien qu’assaillie par la chaleur (il fait 35° et plus !!), je reprends mes marques : je parle à la locale, ponctue mes phrases par les c’est ca et les hummm ! je ne suis pas surprise par la conduite inqualifiable des tchadiens… cela dit, j’avais oublié de ranger mon sourire, ce qui m’a valu quelques petit « tsstsstss »… bref, la routine !
Au Centre d’accueil de N’Djamena, la sœur Annette m’a accueilli tres chaleureusement me demandant comment s’était passé le mariage… Drôle et sympa, petite attention qui m’a permis de me rappeler ce fabuleux moment… Puis, petit tour dans la capitale, en taxi. Le chauffeur pensant avoir à faire à une petite toute fraîchement arrivée a essayé de m’extirper quelques francs, mais, on ne me le fait pas à moi, (du moins on ne me le fait plus !!!). Du coup, nous nous sommes prêtés au jeu de la négociation, entre les plaintes et les traits d’humour propres aux tchadiens... moment de complicité franco-tchadienne bien agréable !
J’ai profité d’être à N’Djamena pour rendre visite à Bernadette, volontaire DCC. Elle m'a donné quelques conseils pour assurer les cours de francais que je vais devoir donner… Aujourd’hui, je me rends compte du challenge relevé, moi qui n’ait jamais été tres pédago et encore moins claire dans mes explications… heureusement, ce n’est pas un cours de topographie (désolée pour celui qui a fait les frais de mon incapacité à me situer dans Paris ! mais je suis rassurée, Béné est peut être plus nulle que moi !!!).
(Ah oui, petite aparté : j’ai rencontré un nouveau couple de coopérants, c’est trop drôle car Aude est l’amie d’enfance de Guillaume Pétriat… Que le monde est petit ! Info à faire suivre à qui de droit, merci Clem )
Après, direction Moundou en occasion du marché. Mais figurez vous qu’il ne s’est rien passé d’extraordinaire… c’est vraiment pas drôle !… Nous avons pris une agence de voyage tres professionnelle avec climatisation, clips de musique arabe et une sucrerie offerte (pendant la prière des musulmans!!!)… mais le truc le plus hallucinant est sans aucun doute d’avoir fait quelques
Soirée tranquille avec la coopérante qui a invité deux de ses amis… Le problème, c’est qu’elle était avec son copain, du coup, Bonaventure, l’autre, s’est senti obligé de me draguer… Lourd, le mec, croyez moi !!! Je n’en pouvez plu, j’ai bien cru que j’allais perde patience. Mais ouf, ils ont fini par partir !!!
Le lendemain, direction Goré ! Cool ! je retrouve le Père Piotre et le Frère Carminé a la procure… apres les retrouvailles joyeuses et chaleureuses, nous prenons la route. La encore pas d’encombre, mais une grande soif… Nous faisons donc une halte à Timberi, chez les sœurs Polonaises. L’accueil est des plus chaud, c’est génial ! il est d’ailleurs si chaleureux que nous ne voyons pas arriver la « g’osse pluie » et nous voilà obligés de passer la nuit sur place ! Soirée conviviale et agréable ! Le réveil le fut nettement moins. Le fou du village est arrivé en trombe chez les sœurs en hurlant « Ma’guewite!! je vais te tuer !!!», tout en étant armé d’une chaîne… Il est resté un petit moment sous ma fenêtre… autant vous dire que je ne suis pas des plus rassurée, du coup je préfère me faire toute petite au fond de mon lit. J’apprendrai plus tard que le fou était un petit garçon très intelligent et la famille jalouse, lui a donné une potion pour le rendre fou, mythe ou réalité ? je vous laisse à votre libre pensée ! Dans tous les cas, difficile réalité pour ce pauvre homme qui vit enchaîné dans une case… La, il est arrivée à délier sa chaîne et il part donc à l’assaut du village, effrayant ses pauvres villageois… Bref, la routine !!!
Autrement, je suis arrivée a Goré ce matin, j’ai revu tout mon petit monde… Accueil toujours aussi chaleureux de mes collocs. Nous sommes en ce moment 6. Une Italienne et 4 jeunes africaines (2 tchadiennes, une centrafricaine et une camerounaise)… Top ! L'ambiance est plus jeune et peut être plus drôle...
Me voilà donc, sur ma terre de mission, à la fois sereine et inquiète, car finalement, je ne sais pas trop ce qui m’attend… je sais seulement que les sticks et les cafards ne m’ont pas oubliés, que je n’aime toujours pas la cuisine frit, que je dois me réhabituer à avoir les pieds sales (c’est balo, moi qui avait mis du vernis à ongle sur les doigts de pieds !!! pffff, à oublier !)…
Je vous embrasse tous tres tres tres fort,
A bientôt sur la toile
Charlotte
Alors, ca c’est énorme !!!! je viens de lire le message de Matthieu Guicheteau ! Et non, je ne me suis pas trompée, Stéphanie est ma cousine… et elle s’est effectivement mariée avec Matthieu… En revanche, je ne savais pas que tu te fiançais… Alors, félicitation !!! et bonne route vers le mariage !
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