Lundi 12 novembre 2007 1 12 /11 /Nov /2007 08:34

Bonjour a tous,

 

 

 

Un rapide petit article pour vous dire que ce WE, la mission s’est transformée en salon de coiffure… Après avoir tannée les sœurs, elles ont enfin accepté de me tresser… Du coup, pendant plus de 2h, Larissa m’a tiré les cheveux… C’était vraiment très drôle… ! elle était découragée par mes cheveux fins… elle répétait à longueur de temps

 « chawlotte, tu me fait twanspiwé… !!!! »  Mais il faut l’imaginer dans son boubou avec son accent… qu’est ce que j’ai wigolé… !!!

Voilà, je colle quelques photos pour vous donnez un aperçu !!!

 

 

 

 

 

 Soeur Eudoxie (assise) et soeur Cécile (debout) [vous remarquerez le fer à repasser sur la gauche... quand je vous parlez d'un autre temps!!!)

 

 

 

 

Soeur Cécile et Victor....!

 

 

 

 

 

 

 

 Ma coiffeuse - Larissa et moi  

 

Rachelle qui se fait coiffer par Soeur Eudo

 

Et moi, je la trouve marrante cette photo!!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je colle ici, la suite de l'intervention de l'Abbé Isau... N'hésitez pas à le lire, c'est trés interessant...

On peut dire sans exagération que le système politique au Tchad est un semblant de démocratie. Il y a fréquemment des violations des droits de l’homme ne favorisant pas la paix. Souvent la paix est confondue à une tranquillité imposée par la force, assurant le maintien au pouvoir d’un groupe d’hommes au détriment de la population.

 

 

Dans de telles situations, les citoyens ne peuvent pas véritablement participer à la vie publique, au contraire, ils ont tendance à se décourager.

 

 

Aujourd’hui encore, la rébellion du Nord de la Centrafrique et du Darfour à l’Est occasionne un afflux de réfugiés au Tchad et dans notre diocèse, il y a 3 camps avec plus ou moins 30.000 réfugiés. Il faut reconnaître que les ravages de la guerre constituent un obstacle évident à tout processus de réconciliation, de justice et de paix. Ils entraînent le drame de réfugiés que nous venons d’en parler et le contexte de souffrance pour cause de guerre et de faim, souffrance de la maladie, souffrance par la tristesse et la peur ; ils détruisent la dignité de la personne humaine créée à l’image et a la ressemblance de  Dieu.

 

 

Dans une situation semblable, les aspirations à la réconciliation,  la justice et à la paix et à l’autonomie économique ne trouvent pas un terrain favorable pour leur développement.

 

 

 

 

 

Au point de vue économique, nous savons que la majorité de la population vie de l’agriculture et de l’élevage du bétail. Avec l’exploitation du pétrole, le Tchad devait améliorer son niveau de vie, puisque les revenus du pétrole vont multiplier le budget national tchadien. Mais la réalité est toute autre chose. Il n’y a pas de gestion saine des revenus de ce pétrole. Au contraire, ce pétrole deviendra une source de conflits et même une cause de l’accroissement de l’injustice sociale. Au regard de ce qui s’était déjà passé avec le premier bonus de ce pétrole. Et récemment encore, nous constatons avec amertume ce qui se passe par rapport à la gestion des 5 % des revenus du pétrole qui devaient revenir à la zone d’exploitation du pétrole. Notre zone n’en bénéficie pas du tout. Avec la tournée du comité dans les préfectures et sous-préfectures, beaucoup de promesses ont été faites mais lors de la visite du président, il a dissout le comité. Tout est finalement tombé à l’eau. Même les 95 % pour le développement de tout le Tchad ne sont pas non plus profitables pour nous. Regarder nos routes, nos structures scolaires et sanitaires ainsi que l’accès à l’eau potable.

 

 

Notre pays le Tchad comme la plupart de ses voisins souffre de la gangrene corruption avec ses principaux accompagnateurs qui sont l’impunité et le favoritisme.

 

 

Avec tout cela, la région de notre diocèse reste caractérisée par une économie délabrée, conséquence d’une instabilité politique permanente et partisane dans la gestion des biens par l’Etat.

 

 

En plus, à cause des faibles ressources économiques qui ne permettaient qu’une économie de subsistance, dominée par les cultures vivrières, notamment l’agriculture, les organismes comme la FMI (fonds monétaire international), la BM (banque mondiale) et les ONG (organisations non gouvernentales) ont mobilisé de l’argent pour améliorer les conditions de vie des tchadiens. Mais le résultat est connu de tous. Le niveau de vie du paysan n’a pas changé. Le financement des projets sert plutôt à la survie des opérateurs et de quelques agents de terrain, rares sont les fonds qui arrivent jusqu’à la base. Cette préoccupation inquiète également d’autres ONG comme le CRS (catholique relief services) qui s’est posé clairement la question à propos du projet pétrole au Tchad : « Ne va-t-on pas continuer à investir dans des projets qui n’ont pas d’impact sur l’amélioration de la qualité de la vie au Tchad ? »

 

 

Cette situation déjà précaire a été renforcée par les guerres surtout dans les années 1970-1980. Ces guerres ont complètement déstabilisé le pays et délabré davantage cette économie précaire notamment a cause des pillages, des incendies de stocks de céréales, des vols a mains armées, de la corruption généralisée, des détournements de fonds, des destructions des champs surtout par le bétail …

 

 

Nous constatons que :

 

 

La population a perdu confiance vis a vis des autorités administratives, militaires et politiques

 

 

L’ignorance, le manque de solidarité et le détournement de l’argent freinent l’épanouissement et le développement au niveau de la société comme dans la famille

 

 

Les populations dans notre milieu sont dans la peur à cause des accusations de sorcellerie, des arrestations arbitraires et de l’insécurité

 

 

De même, durant les guerres, les routes n’ont pas été entretenues pour faciliter les déplacements des personnes et la circulation des biens. D’où de nombreux marchés locaux ont proliféré et ils ne sont plus réglementés comme l’étaient les marchés centralisés des années 80. A l’occasion de ces marchés locaux, s’est développé  ce qu’on pourrait appeler le triangle vicieux du commerce, de l’alcool et du sexe.

 

 

                                                                       Commerce

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                           Alcool                         Sexe

 

 

 

 

C’est ce que l’agronome Jean Ngamine fait ressortir dans son étude socio-économique dans la région comme un phénomène qui paralyse les efforts économiques au niveau des communautés.

 

 

 

 

Dans ce sens, on se rend compte qu’il n’y a pas d’échange économique comme tel. Ces  marchés ne sont plus devenus des lieux d’échanges économiques mais de véritables lieux de débauche et de dépravation des mœurs avec tout leur cortège de contre valeurs qui affectent la dignité de la personne humaine : l’alcoolisme, la prostitution, les maladies surtout le sida, la drogue. C’est comme si le sexe est devenu un « bien économique » qu’on échange. Ici, c’est le sens des valeurs qui se perd de plus en plus. B.M.. Muyembe a fait remarquer à juste titre : « à regarder le phénomène de plus près, la corruption se développe  au fur et à  mesure que s’accentue la crise morale. Ce qui entraîne une perte souvent vertigineuse des critères de moralité du sens de l’homme et de la vie, du respect de l’autre, de l’autorité et du bien commun ».

 

 

Cette situation générale qui s’est répandue dans tout le pays a déteint sur les communautés. Les chrétiens qui font partie de celles-ci perdent eux aussi le sens des valeurs et au lieu de s’unir pour restaurer une économie délabrée, ils se laissent aller à la dérive générale.

 

 

De plus, au niveau commercial, la vente anarchique de produits agricoles a augmenté le risque d’une insécurité alimentaire périodique.

 

 

 

 

Avec une telle attitude, comment les membres des communautés pourraient-ils améliorer les conditions de leur vie, humaniser leur milieu, éduquer convenablement leurs enfants et œuvrer pour  la réconciliation, la justice et la paix ?

 

 

Cette situation économique peu brillante pousse les uns et les autres dans un complexe de supériorité ou d’infériorité et les enferment dans une prison psychologique et engendre nécessairement le rejet conscient ou inconscient de l’autre.

 

 

 

 

 

Par Charlotte - Publié dans : tchadlotte
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Retour à l'accueil

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus